langue

Sortons nos langues du placard des civilisations

Le principal élément permettant l’identification d’un peuple est la langue qui lui est rattachée par son utilisation principalement par voie orale mais aussi écrite, les deux étant vecteurs de transmission du savoir, de connaissance et d’échanges socio-économiques. La loi implacable du plus fort, dans un contexte de domination militaire et économique, a souvent été à la base de la disparition définitive ou momentanée d’une langue, qui est dite disparue ou morte comme ce fut le cas pour les Aztèques, les Incas, les Maya mais aussi les Romains. Mais aussi par les catastrophes naturelles qui causèrent aussi la disparition de peuples, civilisations entières à l’instar des Minoens.

Ainsi une langue parlée aujourd’hui peut être, comme certains animaux, en voie de disparition immédiate ou future ou, pour être optimiste, ont moins de chance de se maintenir sont cellse qui ne sont pas utilisées au niveau nationale ou internationale par les gouvernements de leur pays, soit par la faiblesse démographique de ses usagers qui pour un certains nombre des jeunes issus de ces communautés sont lentement abandonnées au profit de langues dites « internationales » mais aussi par assimilation, mélange à d’autres peuples plus importants pratiquant une autre langue.

LE CAS AFRIQUE

L’Afrique continentale compte actuellement six grands groupes linguistiques existant avant l’ère des colonisations occidentales qui sont communément appelés entre autre: l’Afro-asiatique ou « arabe », le Nilo-saharien, le Nigero-congolais, le Khoïsan et l’Austronésien. On compte en Afrique cinquante six états dénombrant quatorze langues officielles, africaine et occidentale, pour plus de deux mille langues et dialectes parlées par les autochtones. Actuellement, les langues officielles les plus parlées en Afrique sont en générale celles issues des occupations ou invasions appelés dans un langue politiquement correct « colonisations » ou « œuvres civilisatrices » c’est à dire: le français, l’anglais, le portugais et un peu d’espagnol.

A l’instar des systèmes politiques, les pays africains continuent de perpétuer un modèle civilisationnel étranger même dans ses aspects culturels les plus importants que sont la langue et les croyances religieuses ou la spiritualité. Mais pour ne pas faire dans la démagogie en optant pour un discours pragmatique car les civilisations, les peuples, s’enrichissent au contact des autres voir s’améliorent en tirant les leçons du passé et en retenant les enseignements de l’histoire. Et pour cela les acteurs politiques et socio-économiques africains devront, ainsi que les masses populaires, s’interroger et faire un remise à question au sujet du modèle de civilisation à construire pour l’avenir et cela passera en premier par la reprise en main de notre culture, donc de nos langues et croyances.

Il y a actuellement des langues africaines parlées non seulement par des peuples transfrontaliers mais aussi d’un état à un autre. C’est le cas entre autre du Malinké (dont le Djoula et le Bambara), du Lingala, du Kinyarwanda et du Swahili en considérant que l’arabe est une langue d’origine non africaine car arrivée en Afrique par les invasions arabes d’islamisation de l’Afrique au départ de la péninsule arabique.

SOLUTIONS CONCRÈTES POUR L’AFRIQUE

Autant il sera difficile, pour les plus radicaux, d’imposer une utilisation stricte de langues autochtones africaines, autant il sera difficile de mettre en place une réelle mise en valeur de ces langues car divers problèmes d’ordre politico-financier se poseront si ne se posent pas déjà. Et ceux là constituent à eux seuls le principale obstacle. Mais une fois franchis, et cela serait possible par une gestion rigoureuse de la chose publique, il reviendrait en premier aux institutions et leaders politiques africains, soit au niveau national soit de l’Union Africaine, d’instaurer une utilisation de certaines de ces grandes langues lors des échanges officiels et formels comme le font les dirigeants des grandes nations ayant vécu aussi sous la colonisation: Inde, Pakistan, Thaïlande, ou d’occupation voir d’invasion comme la Chine et d’autres cas plus particulier comme l’Afrique du Sud. Donc cela n’est pas impossible.

Les hommes politiques africains devraient opter pour un retour soit progressif soit radical à la désignation d’une de leurs langues comme seule langue nationale et conserver une langue dite « internationale » comme langue pour le commerce et les affaires. Par exemple, le Kinyarwanda et l’anglais au Rwanda et Burundi, le Swahili et l’anglais pour le Kenya, la Tanzanie et l’Ouganda, le Lingala et le français pour le Congo-Kinshasa et Congo-Brazzaville ainsi que la République Centre Africaine sans doute. Une initiative de ce type aurait l’avantage de valoriser non seulement la langue africaine nationale par un meilleur enseignement de celle-ci ce qui permet dans une certaines mesure de renforcer le socle culturel commun à un peuple et aussi participer à la promotion de la culture liée à cette langue et par ricochet à celles qui lui sont « parentées« .

La dévalorisation ou la non utilisation officielle des langues africaines par les leaders politiques surtout tend plutôt à perpétuer la dévalorisation de la culture qui y est liée par rapport à celle des autres au sein même de ces usagers et du même coup renforcer la faiblesse supposée ou réelle des africains et de leurs cultures. D’après certains experts, près de 90% des langues actuellement recensées dans le monde devraient s’éteindre d’ici 2100. Mais les perspectives de disparition d’une langue dite « minoritaire » ne sont pas toujours certaines. Étant un instrument identitaire important, elle peut être maintenue face à une langue dominante en devenant un symbole de résistance.

Sources

site web Wikipédia

livre « Géopolitique », de Sophie Chautard, éd. Studyrama

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>