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Ghana: Le Kente Festival d’Agotime, là où le tisserand est roi

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Chaque année depuis 1995, le Festival du kente d’Agotime au Ghana a lieu dans la ville de Kpetoe, située au sud de la capitale régionale de Ho, à la frontière avec le Togo. Il met à l’honneur les tisserands du kente, un tissus  composé de soie et de coton tissés fabriqué par le peuple Akan que l’on retrouve au Ghana et en Côte d’Ivoire.

Le kente, un tissu à l’origine appelé « nwentoma », était considéré comme un tissu sacré et royal qui ne se portait qu’à de grandes occasions. Le kente était au départ destiné aux rois et aux reines, mais au cours du temps, le port du tissu sacré a été vulgarisé. Toutefois, il n’a pas perdu de sa valeur dans les grandes familles Akan du Ghana.

Le kente se distingue par ses teintes vives et multicolores, et derrière chaque couleur se cache une signification bien précise :

Le noir est signe de mâturité et de forte énergie spirituelle, le bleu représente la paix, l’harmonie et l’amour, le vert symbolise la nature et le renouveau spirituel, l’or est synonyme de richesse, de gloire et de pureté spirituelle, le marron est associé à la terre et à la guérison, le rose est la couleur de l’essence de la vie, de la féminité, le rouge concerne la vie politique et les sacrifices de sang, mais aussi la mort, le blanc est signe de purification, il est porté lors des festivité et des rites de sanctification, le jaune est relié au précieux, à la royauté et à la fertilité, le mauve est la teinte des femmes, il représente divers aspect de la vie de la femme.

 

Agotime est une région du Ghana célèbre pour sa forte concentration de tisserands, le métier étant l’une des occupations  principales masculines et source de fierté culturelle de ses habitants. Le festival dure 7 jours et débute généralement la dernière semaine du mois d’aout. Si vous comptez vous y rendre, nous vous conseillons de vous renseigner préalablement sur les dates car elles sont souvent choisies en dernière minute. Pendant toute la semaine, vous pourrez assister à des tournois entre tisserands (c’est le plus rapide et le plus innovant qui remportera la victoire), vous pourrez entendre les rythmes entrainants des percussions, admirer des spectacles de danses en tout genre et bien plus encore. Mais le spectacle le plus beau et le plus palpitant demeure celui du samedi, lorsque les chefs et les reines mères des 37 villages d’Agotime se rassemblent dans leurs plus belles tenues. Emportez votre caméra ou votre appareil photos car les habitants adorent se voir filmés et photographiés. Ils vous inviteront même à le faire et à ne plus vous arrêter. Et cette démarche ne vous dérangera en rien, car face à leurs tenues plus somptueuses les unes que les autres, vous ne serez pas ce touriste venue de nulle part vêtu comme un sac, mais un membre important de la presse !

Légende autour de l’invention du kente

Le peuple d’Asante, premiers inventeurs et fabricants du kente choisissaient leur tissu en fonction des dessins d’abord, et ensuite, selon leurs couleurs et leurs significations. Les différents modèles portent des  noms précis qui leur sont donnés en tenant compte des éléments précités, mais aussi nés autour de proverbes, évènements historiques, chefs ou reines-mères célèbres ou même des éléments du monde végétal ou animal.  D’autres représentent des concepts bien définis, et pour citer des exemples il y a le modèle « Obaakofoo Mmu Man », qui symbolise les règles démocratiques, ou « Emaa Da », qui  symbolise la créativité, la connaissance ou l’expérience et « Sika Fre Mogya » qui relève du domaine de la responsabilité.

Mais que nous dit la légende à propos de l’invention du kente ?

Le tissu aurait été inventé par le fait du hasard par deux amis lors d’une partie de chasse dans la forêt. Les deux jeunes hommes auraient croisé une araignée sur leur passage et se seraient arrêtés pour l’observer tisser sa toile. Trouvant la tâche de l’animal intéressante et très habile, ils auraient décidé de l’observer durant deux jours afin de parvenir à cerner sa méthode. De retour chez eux, nos deux protagonistes auraient mis leur observation en pratique et se seraient ainsi adonné à un loisir qui deviendra plus tard le métier de tisserand. Si le métier à tisser (outil en bois) est entré dans la culture de l’Afrique de l’Ouest depuis des siècles, le peuple Akan affirme que l’idée de la fabrication du tissu n’est pas née d’une influence étrangère.

 


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