informelle

Modèles de compétence dans l’économie informelle

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Il est reconnu que le développement des compétences à grande échelle est l’un des principaux facteurs contribuant à la création d’emplois. Il est considéré comme un catalyseur fort pour réduire la pauvreté parmi les personnes sans emploi ou en situation de précarité, stimuler l’économie informelle et accroître le potentiel de création d’emploi et de revenus. En situation d’expansion économique, alors que l’économie formelle ne parvient pas à absorber la main-d’oeuvre excédentaire existante, l’économie informelle se développe pour combler l’écart.

APPARITION DE L’« ÉCONOMIE SECONDAIRE » SUD-AFRICAINE

De nouvelles idées sur le développement des compétences dans l’économie informelle voient le jour lorsque le terme politique d’« économie secondaire » est créé en lien avec un plan gouvernemental de réduction du chômage et de la pauvreté dans le pays. Les termes « économie première » et « économie secondaire » sont utilisés en Afrique du Sud pour désigner respectivement le secteur formel et le secteur informel.

La différence entre les deux devient en outre « scientifiquement» visible dans le coefficient de Gini, qui mesure la différence entre les riches et les pauvres. L’Afrique du Sud a un coefficient de Gini de 0,578 (PNUD, 2007) qui le place dans le groupe de pays dont les inégalités sont les plus marquées.

LES BESOINS DE FORMATION DES ENTREPRENEURS DE L’ÉCONOMIE INFORMELLE

De quels types de compétences l’économie informelle a-t-elle besoin ? La réponse n’est pas simple du fait de l’hétérogénéité des micro-entreprises composant l’économie informelle.  La plupart des personnes travaillant dans l’économie informelle sont en mesure d’expliquer ce qu’elles doivent faire, mais identifient mal ce qu’elles ont besoin de connaître pour accomplir leurs tâches efficacement.

Les besoins de formation émergent des exigences des différentes activités économiques résultant de la situation des futurs ou nouveaux entrepreneurs. Les différentes catégories d’activité procédant de la combinaison du type d’emploi (formel ou informel) et du type d’entreprise (formelle ou informelle) donnent également lieu à des besoins différents.

Un facteur clé est la taille des activités ou le nombre d’employés, qui détermine le schéma de répartition du travail et le niveau de spécialisation requis.

Deux enquêtes menées en 2004 par la Banque mondiale dans le cadre d’une évaluation du climat d’investissement en Afrique du Sud montrent clairement les différences en fonction de la taille des entreprises. La première a été conduite auprès de 800 entreprises du secteur formel et la seconde auprès de 240 très petites micro-entreprises.

La première étude met en évidence les obstacles les plus cités par les 800 PME :

➤ le développement des compétences professionnelles des salariés ;

➤ l’instabilité macro-économique ;

➤ la réglementation du travail ;

➤ la criminalité ;

➤ les taux d’imposition.

La deuxième révèle des priorités bien différentes s’agissant des micro-entreprises :

➤ l’accès au financement ;

➤ le coût des ressources ;

➤ le transport ;

➤ l’accès à la propriété foncière et à l’électricité.

Ces résultats mettent en évidence les différences fondamentales entre les activités de l’économie formelle et celles de l’économie informelle. Les entrepreneurs futurs ou naissants ont besoin de compétences entrepreneuriales élémentaires qui couvrent les champs de compétences spécifiques relevant dans les plus grandes entreprises de plusieurs personnes (vendeur, trésorier, opérateur technique, manager, etc.). Autrement dit, les compétences techniques ne suffisent pas.

Les programmes de développement des compétences visant l’économie informelle doivent donc être souples, ciblés, pratiques et adaptés aux caractéristiques et niveaux d’éducation divers des bénéficiaires.

L’expérience de terrain montre également que les entrepreneurs informels nouveaux et futurs ne peuvent pas se permettre d’investir du temps dans une formation requérant la présence à des cours.

➤ Il est important de rappeler que le développement des compétences en soi ne crée pas d’emplois. D’autres procédés et interventions créent les possibilités d’emploi et le développement des compétences doit soutenir celles-ci.

➤ L’économie informelle a besoin de produits et de services de développement des compétences spécifiques accessibles rapidement et facilement. Un travail important doit être accompli pour garantir la disponibilité de ces produits.

Ce modèle peut être efficace en essayant de le contextualiser dans chaque pays africains dépendant jusqu’à 80% de l’économie informelle. Ladite économie peut devenir une industrie si elle est alimentée par une bonne formation et accompagné et appuyé par les gouvernements locaux.

C’est un travail de longue haleine certes, mais qui vaut la peine si nous voulons le développement de notre très chère Afrique.


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